Renaud Goyer, 3 octobre 2026
À deux jours du scrutin, la première entrée de ce blog vous invite à consulter les analyses et positions des organisations qui sont au premier rang de la crise du logement: les groupes de défense collective des droits dans le domaine du logement.
Tout d’abord, en début de campagne, tant le RCLALQ que le FRAPRU ont publié leurs revendications pour les partis politiques.
Ces revendications s’inscrivent dans celles développées par la Coalition contre le logement cher (COLOC) dont les membres et personnes militantes ont, dans la dernière semaine de campagne, fait pression sur les partis, en particulier ceux qui ont des positions vagues ou qui refusent de les rencontrer, pour qu’ils s’engagent sur les trois revendications de la COLOC: contrôle des loyers, le développement massif du logement social (HLM, coopératives et OSBL d’habitation) et la reconnaissance du droit au logement dans la Charte des droits et libertés du Québec. Ils étaient d’ailleurs aujourd’hui devant les bureaux de Paul St-Pierre-Plamondon pour réclamer du logement social « maintenant, tout de suite ».
À cela s’est ajouté, l’occupation d’un immeuble dans l’arrondissement du Sud-Ouest qui cherchait à rappeler l’importance de la crise du logement et à visibiliser ses impacts sur les conditions de vie des personnes locataires. Malgré cette grande mobilisation des groupes, les engagements des partis aspirant à gouverner demeurent limités, comme le montre le bilan du FRAPRU publié cette semaine.
Il faut quand même reconnaître que cette mobilisation soutenue des groupes a forcé les partis à s’engager. Certains évoquent même la construction de dizaines de milliers de logements sociaux. Mais la question du contrôle des loyers demeure assez peu abordée (à part Québec solidaire) et celle de l’enchâssement du droit au logement dans la Charte québécoise des droits et libertés est peu débattue.
La majorité des partis continue de baser leur stratégie pour lutter contre le logement sur l’offre de logement. Stratégie qui n’a pas réussi, dans les 25 dernières années, à contenir l’augmentation des loyers et limiter la crise comme le démontre les recherches de Louis Gaudreau et Catherine Héon Cliche ainsi que de Yaya Baumann et Hélène Bélanger.
La politique de l’offre, même quand elle marche théoriquement, nécessite du temps pour se mettre en oeuvre. Dans l’immédiat, le contrôle des loyers et le renforcement des protections des locataires, tout comme l’annonce de construction massive de logements sociaux, apparaît comme les seules mesures pouvant limiter à court terme les effets de la crise. Il me semble crucial de le rappeler avant le vote.
